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  • Gilles Ossona de Mendez

Journal de Confinement


Confinement - Jour 54 : réflexion du jour.

Bonjour Confinement.


Stop ! Je t’arrête tout de suite !


Il parait que tu me quittes ? Dès demain ?


Mais c’est que je m’étais habitué à toi, Confinement !


Je suis ravi de rencontrer demain ta soeur Déconfinement, mais de la à t’oublier !


C’est un peu comme les copains d’été quand on est petit. On se rencontre pour la 1ère fois, on est des amis à la vie à la mort pendant 2 mois de vacances, puis la rentrée arrive et on ne se revoit plus jamais. Mais on n’oublie pas pour autant. Il reste une trace indélébile, comme un ami secret pour le reste de nos jours. Avec toi Confinement je pense que ça va être un peu pareil.


Je vois beaucoup de gens avec cet état d’âme autour de moi, des amis ou des clients qui me disent : « moi j’aime bien cette période de Confinement ». Bien entendu c’est une période exaspérante, anxiogène, qui limite notre liberté d’action et nous place dans un état d’incertitude souvent insupportable. Mais en même temps c’est une parenthèse, un moment de jachère, un temps que l’on ne prendra jamais plus de cette façon là. Il y a quelque chose de la magie enfantine là-dedans, comme quand les petits disent « et si… ? ». Avec toi Confinement on s’en est posé beaucoup des « et si... ? » (et si tout s’arrêtait, et si on était confiné pour toujours, et si le système s ‘effondrait, et si c’était un tournant de l’humanité, …) et ils n’avaient rien d’enfantin cette fois-ci.


Alors dans tous les cas, je trouve que ce moment de la séparation est le bon moment pour se poser la question suivante :


Qu’est ce que cette période de Confinement m’a offert ?


Pour cela Confinement je te propose un acronyme que j’ai créé : KADO (oui je sais j’aime bien les acronymes ;).

Ce KADO est une façon de faire une relecture d’une situation et de réfléchir à ce qu’elle nous a apporté.


Le K est pour Kinesthésie. (j’aurai pu prendre C pour Corps mais je trouve le K plus sympa et plus facile à se souvenir).

La question ici est : comment ai-je vécu cela dans mon corps ? Quelles ont été mes émotions principales ? Comment ai-je réagi et quels ont été mes comportements principaux durant cette période ?


La A est pour Apprentissage. Qu’est ce que j’ai appris sur moi que je ne connaissais pas (ou pas bien) avant cette expérience ?


Le D est pour Décision. Quelles sont les décisions que je prends à la lumière de ce que j’ai vécu ? que vais-je changer ?


Et enfin le O pour Objectif. En quoi cette épisode redéfinit (ou pas) mon objectif de vie, à court, moyen ou long terme ?


S’il y en a qui me lisent et qui veulent me partager leur KADO, je suis preneur ;)


Dans les prochains jours, promis Confinement, je te partage le mien.


Avec ses amis, on aime bien dire « à tout à l’heure » quand on ne sait pas quand on se reverra, alors « À tout à l’heure, Confinement ».



Confinement - Jour 51 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement.


Il y a quelques jours nous parlions ensemble de ta jolie petite famille, toi, ta soeur Déconfinement et tes frères Reconfinement.

L’ambiance entre vous ne doit pas être facile tous les jours.


Je trouve que ta famille est bien à l’image de ce qui se passe en ce moment dans le monde.


Les spécialistes ont créé un mot pour qualifier notre monde : ils l’ont baptisé « VUCA ».

Cet acronyme veut dire que notre monde est Volatile, Incertain (Uncertain dans la langue de Shakespeare), Complexe et Ambigu.


Toi Confinement tu ferais la parfaite mascotte de ce monde VUCA.


D’abord « Volatile ». Cela qualifie la vitesse sans cesse croissante du changement que l’on observe dans le monde.

Par exemple, les gouvernements se battent comme des forcenés pour faire augmenter le PIB de 0,1% et toi, en 1 mois, dans certains pays, tu le fais chuter de 11%. Alors je ne suis pas personnellement un grand défenseur du PIB, qui est dans la tête de nos dirigeants le « Progrès Illusoire par les Biens », là où j’aurai préféré le « Progrès Innovant pour le Bien-être ». Tu vas peut être permettre, Confinement, de réfléchir à cela différemment après ton passage.


Ensuite « Incertain ». Cela veut dire que ce qui est vrai maintenant ne l’est peut être plus demain. Qui aurait prévu un tel bouleversement de notre quotidien et ta venue il y a seulement quelques semaines ? Personne ! Il nous faut apprendre à vivre avec cette incertitude et accepter que ce que nous avons maintenant peut ne plus exister demain.


Puis vient « Complexe ». Ce qui est compliqué a une solution, il suffit de la chercher. Le vaccin contre le Covid-19 est compliqué, mais on le trouvera, c’est une question de temps. La gestion de la crise sanitaire est complexe. Il n’y a pas, inscrit dans un livre secret, la meilleure façon de faire. On peut la chercher pendant des années, on ne la trouvera pas. Il faut juste faire des choix. Mais les gens n’acceptent pas qu’il n’existe pas une unique solution à leur problème. C’est la raison pour laquelle ils blâment tout le monde. Et pourtant il faut l’accepter et faire nos propres choix.


Et enfin il y a « Ambigu ». Tout est une question d’interprétation. Qui a raison ? Ça dépend du point de vue ! Là encore les gens n’acceptent pas qu’il n’y ait pas une vérité unique. Et pourtant, à nouveau, il faut l’accepter et définir notre propre vérité.


Alors Confinement, en ce moment, tu es là tous les jours pour nous rappeler tous ces changements majeurs et les comportements que nous devons adopter pour nous adapter au monde d’aujourd’hui. Merci pour cela.


À bientôt Confinement.



Confinement - Jour 48 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement.


Tu es un vrai petit cachotier toi ?

Tu ne m’avais pas dit que tu avais toute une petite famille ?


En ce moment on entend beaucoup parler de ta petite soeur, Déconfinement, et je dois avouer que j’ai plutôt hâte de la rencontrer.


Mais il parait que tu as aussi un frère pas très fréquentable qui s’appelle Reconfinement ? Celui là je préfèrerais ne pas le croiser. Il paraitrait même qu’il pourrait se pointer à l’automne ?


Dis, tu en as encore beaucoup d’autres des frères comme celui-là ? Si c’est le cas s’il te plait dis leur de ma part de rester où ils sont. Merci.


En tous cas la seule de ta famille que je suis impatient de vraiment rencontrer, c’est ta mère, ReVivreFinement.


Si tu permets je vais même l’inviter à déjeuner. Tu es d’accord ?


À bientôt Confinement.



Confinement - Jour 45 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement.


Alors là je dois avouer que tu es très très fort ! Arriver à faire en 1 mois et demi ce que l’on n’est pas arrivé à faire depuis le début de la révolution industrielle, c’est à dire depuis 250 ans, c’est chapeau ! Respect !


Pour expliquer ce compliment il faut que je t’éclaire sur quelques petits détails.


Un psychologue américain nommé Mc Grégor a développé, dans les années 60, deux théories appelées théories XY.

En résumé il disait que l’on pouvait considérer l’Homme avec 2 approches, la théorie X et la théorie Y.


La théorie X annonçait, entre autres, que l’Homme n’aimait pas le travail, était paresseux, faisait tout pour fuir les responsabilités et que sans un bon coup de pied au derrière il n’y avait aucune chance de le faire avancer.


La théorie Y par contre annonçait, entre autres, que l’Homme aimait naturellement travailler, souhaitait contribuer, cherchait les responsabilités et pouvait trouver de la motivation par lui même.


Il va sans dire (et je ne pense pas être trop caricatural en avançant cela) que le monde de l’entreprise s’est plutôt comporté de manière globale en suivant les idées de la théorie X de Mc Grégor. Tout les systèmes et procédures mis en place pour fonctionner vont plutôt dans ce sens, et les pointeuses en sont, je pense, le meilleur exemple.


Bien entendu je ne suis ni angélique ni dogmatique. Il existe des employeurs humanistes et des employés qui abusent du système, cela va sans dire. Mais l’état d’esprit dans lequel on aborde ses relations en général est fondamentalement différent selon la théorie X ou Y.


C’est la raison pour laquelle, et voilà le point où je voulais en venir Confinement, le télétravail a toujours eu tant de mal à se développer. C’est évident ! Si par définition je penche pour la théorie X, je suis naturellement persuadé que si mon employé travail depuis chez lui il va passer plus de temps à regarder Netflix et à dormir qu’à oeuvrer dans l’intérêt de la boite.


Jusqu’alors il y avait donc une levée de bouclier sur le télétravail (ou tout au mieux une lente évolution) avec des argument massues comme la législation non adaptée, la fiscalité pas en place ou une mise en place impossible.


Et toi Confinement, tu arrives tranquille comme Baptiste et patatras tu renverses la table en quelques semaines ! Tout à coup le télétravail devient vertueux, soudainement on découvre que non seulement les employés ne passent pas leur temps devant Netflix mais qu’en plus ils sont efficaces, dévoués et imaginatifs pour continuer à faire avancer leur société. Ce qui est en train de se passer va être un formidable accélérateur de développement du télétravail. J’ai des clients qui considèrent de continuer avec le télétravail même après ton règne, Confinement.


Et je pense que de façon générale ta venue, Confinement, va nous pousser à revoir la donne sur beaucoup d’aspects de notre relation au travail. Et la legislation et la fiscalité vont devoir s’adapter.


Alors encore bravo pour ton coup de pouce et à bientôt Confinement.


Confinement - Jour 42 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement.


Aujourd’hui c’est de créativité dont je veux te parler.


Effectivement il est extrêmement intéressant de voir combien d’initiatives, d’innovations et de systèmes D en tous genres fleurissent depuis le début de ta période. Les gens débordent d’imagination pour continuer à avancer, voire même créent de nouvelles choses qu’il n’aurait pas semblé envisageable de faire précédemment (exemples : faire jouer tout un orchestre avec chaque artiste chez lui ou faire jouer les habitants d’un quartier depuis leurs fenêtres).


D’où la question à 1000 dollars : pourquoi faut-il que tu sois là pour que ces choses se créent ? Pourquoi pas en période normale ?


Alors Confinement, il faut que je t’explique brièvement ce qui se passe dans notre cerveau.


Je te la fais courte, mais notre cerveau a une mission principale, une obsession permanente : nous garder en vie !

De ce fait, il a une peur bleue de tout ce qui constitue un danger pour nous, puisque cela pourrait nous être fatal.

Donc, pour éviter les dangers, il va tout faire pour éviter que nous ne nous retrouvions dans des situations inconnues. Inconnu = danger potentiel. Mais, par définition, la créativité c’est justement faire quelque chose que je n’ai jamais fait, quelque chose d’inconnu. Tu me suis, Confinement ?


Notre cerveau nous enferme dans une routine pour notre bien, mais bride par la même notre capacité à innover et à créer.


Et c’est là que tu arrives, Confinement ! Depuis que tu es là la routine a été bousculée, notre quotidien a été complètement revisité. Il y a donc de la place pour la créativité puisque moins de routine. CQFD.


Alors merci pour ça Confinement. En espérant que nous gardions nos bonnes habitudes créatives sans attendre la prochaine situation de crise.


À bientôt Confinement.



Confinement - Jour 37 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement.


Aujourd’hui j’ai envie de te parler d’un sujet sur lequel nous avons déjà échangé : la colère.


Même si de mon côté c’est quelque chose qui ne m’habite plus du tout, ni même la tristesse d’ailleurs, par contre je l’observe beaucoup dans mon entourage, chez mes proches ou sur les réseaux sociaux. Et cela m’interroge.


Par colère, j’entends toutes ses formes diverses, comme déjà évoqué dans un autre post. Il s’agit de l’emportement et de la violence dans toutes ses manifestations, ce qui inclue également la critique acerbe, la dérision, le cynisme, la rumination ou encore la désinvolture.


Si nous manifestons de la colère, c’est que nous en avons besoin. Elle est là pour nous aider à exprimer, de façon souvent dramatique, quelque chose, un besoin, que nous n’arrivons pas à exprimer autrement. Que cela soit parce que nous n’en sommes pas conscient, parce que nous ne savons pas le faire ou parce que nous sommes impuissant face à quelque chose qui nous déplait.


La colère est donc utile. Elle évite des problèmes. C’est un peu comme les plombs sur notre tableau électrique. Quand ils sautent on ne s’agace pas car nous savons que cela veut dire qu’il y a un court circuit quelque part dans la maison et que cela nous protège contre un incendie. La colère c’est pareil. C’est comme un plomb qui saute (d’ailleurs on a gardé l’expression) et qui évite que nous ne devenions fou ou que nous stockions une énergie qui serait néfaste pour notre santé. C’est un mécanisme biologique naturel.


Seulement il ne nous viendrait pas à l’idée de remettre le plomb et de le regarder sauter sans arrêt. Il a pour vocation de sauter une fois, puis c’est à nous de décider de ce qu’il faut faire (chercher la panne, appeler un électricien, …).


Pour la colère c’est pareil. Elle n’a pas pour vocation de devenir chronique car cela reviendrait à remettre le plomb indéfiniment sans chercher à réparer.


En ce moment, Confinement, je vois des gens qui sont dans une colère chronique, contre toi ou contre le gouvernement ou encore contre tel scientifique ou philosophe qui émet un avis sur la situation actuelle.


Le souci est que si cette colère devient une habitude de vie elle perd sa fonction d’avertisseur qui est là pour nous mettre en garde.

Ma colère je dois apprendre à l’accueillir, la remercier de m’avoir prévenu, la comprendre et décider de ce que je fais avec. Et ce n’est pas parce que je ne peux rien faire que je ne dois pas prendre de décision pour revenir à un état sans colère. Si le gouvernement m’énerve, je n’y changerai rien personnellement et mon état de colère chronique ne fera pas souffrir le chef de l’état mais seulement moi. À moi de décider de ce que je fais avec ce signal et quelle action je prends, mais sans oublier de l’éteindre, de le réinitialiser.


Allez Confinement, si parfois je me mets encore en colère n’oublie pas de me rappeler de réinitialiser.


À bientôt.



Confinement - Jour 34 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement.


Si j'avais un doute sur ce à quoi ressemblerait une vie faite de relations purement virtuelles, maintenant grâce à toi, j'en ai la certitude : ce serait un cauchemar !


Aujourd'hui on peut se connecter instantanément avec n'importe qui sur la planète (ce qui représente un progrès génial) mais au bout du compte il manquera toujours l'essentiel que la technologie ne pourra jamais remplacer, à savoir le contact humain.


Nos semaines confinées sont rythmées et inondées de réunions zoom, d'apéros skype, de discussions WhatsApp ou autres webinar webex ce qui nous met en relation avec de nombreuses personnes. Mais être en relation et rencontrer est très différent ! Converser avec quelqu'un par écran interposé c'est un peu comme regarder un film à la télévision : on est "dedans", on est pris par l'histoire et pour autant ce n'est pas nous qui chevauchons avec Indiana Jones. Est ce complètement nous qui discutons avec notre interlocuteur quand nous sommes chacun chez nous ? Il manque quelque chose de nous : la respiration, le rythme du battement du coeur, la main sur l'épaule en guise d'assentiment, la main serrée, l'accolade, le non verbal du bas du corps, la posture sur la chaise, la gestuelle des mains, ... tout ce qui fait la communication en somme ! N'oublions pas que le verbal ne représente que 7% du message de notre communication, et le para-verbal (ton, rythme des mots, ...) seulement 38%. C'est un peu comme si nous ne discutions qu'avec la moitié de notre interlocuteur.


L'autre jour je faisais mes courses et j'ai rencontré une amie. Nous discutions en respectant la distance préconisée avec chacun notre masque sur le nez. La conversation a été extrêmement difficile car on ne pouvait pas voir les sourires, rictus ou autres formes d'expressions du bas du visage, toutes celles qui donnent tant d'indications sur la nature du message.


Alors, Confinement, je t'aime bien mais vivement la prochaine fois que je pourrais enfin serrer quelqu'un dans mes bras, en silence, pour lui dire tout ce que j'ai à exprimer, sans pour autant utiliser le moindre mot. Bref, une vraie communication.


À bientôt.



Confinement - Jour 31 : réflexion du jour.


Bonjour Confinement. Tu me forces à faire des choses qui me déplaisent, comme limiter mes mouvements et ma liberté et, en même temps, je dois reconnaître que tu me permets de faire des choses que je ne prends pas le temps de faire habituellement.


Je joue au ping pong avec les enfants, je lis davantage, je cuisine des choses que je n’avais jamais essayé, je vois des films que je m’étais promis de regarder depuis des années, je reprends le sport... pourquoi faut-il que tu sois là Confinement pour que je fasse tout cela ? Qu’est-ce qui m’en empêchait avant toi ? Le temps serait un argument bien trop mesquin pour que je l’utilise.


Nous avons besoin du sommeil pour nous régénérer, la terre a besoin de se mettre en jachère pour renaitre, et j’ai besoin de toi Confinement pour arrêter le temps, me réinventer, réfléchir et faire le point. Comme le fruit qui a besoin de mourir pour redonner du fruit nouveau, j'ai besoin de mourir à quelque chose pour créer du neuf et avancer.


Seulement ce temps avec toi Confinement est un état exceptionnel. Il ne fait pas partie de mon quotidien, il n’a pas d’équivalent. Les vacances, la retraite ? Ce n’est certainement pas suffisant.


Comment vais je faire pour continuer à te fréquenter, Confinement, quand tu ne seras plus là pour t’imposer à moi ?


Par quoi vais je te remplacer ?


À bientôt.



Confinement - jour 28 : réflexion du jour


Je te préviens Confinement, aujourd'hui je ne vais pas être très "politiquement correct". Mais bon, comme cela reste entre nous, pas de souci !


Ma réflexion du jour fait suite à mon échange avec mon copain Manu et une phrase qui me trotte depuis dans la tête : "évolution ou révolution ?".


Lorsque la crise financière est arrivée en 2008, mon amie Viviane et moi avions des discussions animées et des opinions très ambigües. Cette crise était de toute évidence une catastrophe pour tout ce qu'elle allait entrainer de faillites et de chômage, et en même temps nous avions honte de penser qu'il fallait que cela soit encore plus sérieux pour enfin espérer voir bouger les choses. Et malheureusement nous avions eu raison : le système financier n'a pas changé et s'est même renforcé avec toujours plus de spéculation et de concentration capitalistique. Et en prime on a gagné un effet pervers : désormais nous savons que nous pouvons allègrement continuer car les États mettront toujours la main à la poche en cas de besoin, car il est impossible de laisser le système s'effondrer. " Allez-y continuez à faire gonfler la bulle, nous serons toujours là pour effacer vos bêtises ". On le savait en théorie, on en a eu la preuve.


2020 : crise mondiale d'un virus. Et je me retrouve avec la même pensée ambigüe qu'en 2008. C'est affreux ce qui se passe, vivement que cela s'arrête. Tant de morts. Et en même temps une horrible petite voix au fond de moi dit : "il faudrait que l'ampleur soit encore plus terrible pour qu'enfin les choses changent ". J'ai honte d'une telle pensée, mais je sais bien qu'une fois cette crise derrière nous, nous repartirons de plus belle dans la consommation effrénée, trop contents d'être enfin libérés. Et là, nos convictions sur l'avenir de notre belle planète bleue seront vite sacrifiées sur l'autel de notre bien être consumériste. Et ici encore il y aura un effet pervers en prime : " vous voyez bien que nous somme plus forts que tout et qu'au bout du compte c'est toujours l'Homme qui gagne ! ". Remise en question globale = zéro !


Et c'est là qu'arrive la petite phrase : évolution ou révolution ? N'est-ce pas une utopie, Confinement, que de penser que les choses peuvent changer du jour au lendemain ? N'est-ce pas mon impatience qui me pousse à vouloir des révolutions ? Pourtant je sais bien que ces choses prennent du temps et que les mentalités évoluent doucement. Cela viendra il faut juste être patient. Mon prof de coaching disait toujours : "on ne fait pas pousser la fleur plus vite en tirant sur sa tige ! ".


La révolution ne viendra pas mais moi, à mon niveau, quelle révolution vais-je entreprendre ? Attendre que le système change n'est-il pas une façon un peu lâche de ne pas regarder en face ce que moi je peux faire ? Que vais-je changer dès que nous nous dirons au revoir, Confinement ? Consommer différemment, me déplacer autrement, changer mes priorités, reconsidérer mon rapport au numérique, prendre mieux soin de moi, des autres et de ma planète ?


Il est sûrement plus là, ce programme de "révolution" qui sera ma petite goutte dans l'océan de "l'évolution".


A bientôt Confinement.



Confinement - jour 19 : réflexion du jour


Bonjour Confinement. Ça fait quelques jours que nous ne nous sommes pas parlé, pour faire le point.


J'avoue qu'il m'est difficile de ne pas céder à la peur. Les malades et les décès autour de moi, que cela soit de proches, de familles de proches ou d'anonymes, ou les encore chiffres alarmants de la pandémie, pourraient très facilement me faire tomber dans la panique ou l'angoisse.


Nos réactions face à la peur nous viennent de temps ancestraux et nous en avons gardé les comportements. Le fameux "3F", (freeze, fly, fight) était bien utile quand les prédateurs rodaient autour de nous. Nous avions le choix entre ne pas faire de bruit pour éviter d'être vu (freeze), nous enfuir et courir plus vite que la bête (fly) ou nous battre en espérant être plus fort et l'emporter (fight).


Aujourd'hui, Confinement, nous avons les mêmes 3 anciens reflexes face à ce vilain virus, dans le but de nous protéger :


- Freeze : nous prendre la tête entre les mains et déprimer, céder à l'angoisse et ne plus être capable de réfléchir ni de passer à l'action. Nous errons de droite et de gauche, refaisons 3 fois la même action sans pouvoir réfléchir. Nous cherchons à échapper, mais au dedans de nous.

- Fly : ne pas regarder la réalité en face, minimiser les choses, relativiser, faire de l'humour ou de l'autodérision, s'évader, s'envoyer des blagues à longueur de message.

-Fight : céder à la colère, gronder contre le gouvernement, contre ceux qui partent en vacances malgré le confinement, crier sur nos enfants qui ne n'arrivent pas à travailler à la maison, ... en deux mots user de toute la violence qui nous permet d'évacuer notre stress ou des trouver des boucs émissaires (car il nous faut bien trouver un responsable quand on ne peut pas trouver de réponse à l'incompréhensible).


Ces 3 attitudes nous aident à Survivre, mais pas à Vivre.


Pour vivre, il faut sortir de la peur, quitter cette énergie de mort pour aller vers l'énergie de vie. Cela ne veut pas dire pour autant se voiler la face et se terrer dans un monde tout rose, mais voir que ce processus douloureux fait partie de la vie.


Ma seule peur est la suivante : saurons nous apprendre de tout cela ? Tout le monde parle du moment où nous pourrons enfin "revenir à la normale". Comme si avant c'était "normal" !


Toute cette souffrance pour ne pas en sortir grandis ? Je n'ose y penser.


À bientôt Confinement.



Confinement - jour 14 : réflexion du jour


Bonsoir Confinement. Aujourd'hui je me demande : que me restera-t-il de cette période quand tout cela sera derrière nous ?


Je me souviens très précisément de l'endroit où je me trouvais le 11 septembre 2001 ou pendant les attentats à Paris, ou encore lors des évènements clefs de ma vie, heureux ou malheureux. Mon corps, notre corps, possède cette mémoire-là !


Dans quelques années, quelles images, quelle émotion, quel ressenti de ce temps de confinement surgiront à mon esprit et dans mon corps ?


En fait je suis en train de les graver dès à présent, à travers ma façon de le vivre ce temps de confinement. Si je laisse la colère, l'angoisse et la peur m'envahir il y a fort à parier que mon corps en gardera des stigmates douloureux. Si par contre je prends soin de continuer également à vivre les joies du quotidien, l'espoir et l'espérance, alors peut être en garderais-je un souvenir nostalgique, un souvenir de vie, mélange de joies et de peines.


Quel souvenir garder de toi, Confinement ?



Confinement jour 10 : réflexion du jour


Alors, Confinement, récapitulons nos bonnes résolutions digitales que nous avons pris ensemble :


- Pas d'allumage de téléphone avant la douche et le petit déjeuner pris. But : commencer la journée en douceur. - Pas de recherche sur téléphone au milieu d'une conversation pour vérifier quelque chose. But : privilégier la relation en direct sans la couper avec du digital. - Pas de prise de photo de n'importe quoi à tous bouts de champs. But : utiliser la photo quand elle est vraiment nécessaire. Photographier le plat que je mange, est ce nécessaire ? - Retirer les bips, vibrations et autres alertes à chaque fois qu'un message arrive. But : c'est moi qui décide quand je regarde mon téléphone et pas l'inverse. - Ne pas garder mon téléphone sur moi, il n'a pas besoin de me suivre partout. But : ne l'utiliser que quand j'en ai besoin. - Faire un jeu sur mon téléphone que quand c'est opportun, genre une pause choisie. But : éviter que cela soit pour combler un moment de "vide". Privilégier le vide, c'est là que nait la créativité. - Pour chaque utilisation digitale, compenser par un moment de lecture, de rêverie ou de repos déconnecté.


Merci Confinement cette belle charte digitale.


A demain.



Confinement jour 9 : réflexion du jour (d'hier)


Bonjour Confinement. On a passé un bon moment hier tous les deux, en détox digital !


Zéro écran de toute la journée, pas de téléphone, pas de news polluantes... quel décrassage !


Le premier bienfait a été de trouver le temps long ! Et par long je veux dire de la bonne durée, la vraie, pas celle qui file à toute vitesse parce qu'on ne la voit pas passer.


Paradoxalement plus nous sommes connectés au monde global et moins nous sommes connectés à NOTRE monde, celui qui est intérieur et celui qui est juste autour de nous. Un monde sans les distractions numériques qui nous font oublier les bruits, les odeurs, la sensation du temps qui passe. C'est peut-être parce qu'il nous angoisse, ce temps qui passe, que nous nous réfugions dans le virtuel ?


Par moment j'ai eu le réflexe du fumeur (j'imagine, car je ne fume pas) : porter ma main à ma poche pour attraper mon téléphone, comme le geste automatique de la cigarette.


J'ai eu aussi de fugaces moment d'angoisse : et si quelqu'un cherchait à me joindre ? Puis on se rassure vite : que peut il y avoir de si vital qui ne puisse attendre ?


Parfois j'ai eu envie de prendre une photo pour figer un instant ou encore, par moment je voulais rechercher quelque chose sur internet.


Cela m'a fait prendre conscience de l'immédiateté. Je veux quelque chose TOUT DE SUITE (photo, réponse, contact, ...). Attendre, espérer, désirer fait de moins en moins partie de notre quotidien. Pourquoi attendre quand on peut avoir sans attendre ?


On réapprend des basiques du quotidien.

Je veux noter quelque chose, où est mon ordinateur ? Alors on redécouvre le papier et le crayon.

Je discute avec quelqu'un et on se pose une question, où est Wikipédia ? Alors on apprend à attendre, on cherchera plus tard.

Je lis un livre et il y a un mot que je ne connais pas, où est mon moteur de recherche ? Alors on va chercher le dictionnaire. D'ailleurs ce dictionnaire j'ai eu du mal à le trouver, il servait de cale quelque part. Quel bonheur de faire défiler les pages pour trouver la bonne lettre et de lire la définition d'un autre mot non prévu (ce qui est impossible sur internet puisque j'atterris directement sur celui que je cherche).


J'ai pris le temps de lire un livre (la Panthère des Neiges de Sylvain Tesson) au soleil sur le balcon et de réaliser combien le livre fait voyager bien plus loin qu'internet. Le net nous donne des images que nous avons du mal à dépasser. Le livre laisse toute la place à notre imagination. Trop de connexion tue notre imagination, notre rêverie !


J'ai pris le temps de cette rêverie et j'ai commencé la liste de mes envies, toutes ces choses qui vont s'enfouir sous des tonnes de choses superflues que mon hyperactivité numérique me donne à manger.


En conclusion je veux citer un passage du livre de Sylvain Tesson qui illustre bien mon propos :

"L'homme des villes de l'Occident technologique s'était lui aussi domestiqué. Je pouvais le décrire, j'en étais le plus parfait représentant. Au chaud dans mon appartement, soumis à mes ambitions électroménagères et occupé à recharger mes écrans j'avais renoncé à la fureur de vivre."


À ce soir, Confinement, pour le jour 10.



Confinement jour 8 : réflexion du jour


Bonsoir Confinement. Après m'avoir permis de me sentir hyper connecté humainement hier, j'ai décidé de vivre la déconnection digitale.


Je me suis rendu compte que ces derniers jours je passais de l'ordinateur à la tablette et de la tablette au téléphone à longueur de temps. Répondre aux messages sur mon ordinateur, regarder les nouvelles anxiogènes sur mon téléphone, jouer 5 mn à un jeu de tennis ou regarder une série Netflix sur ma tablette, ... ça suffit ! Je veux vivre le confinement digital.


J'ai testé ce matin la déconnection en n'allumant pas mon téléphone avant 13h et cet "apéritif" était bien bon.


Donc demain j'ai décidé de le vivre toute la journée. Ne pas allumer mon téléphone, aucun écran et aucune information extérieure. Comme une cure de désintoxication digitale !


Demain, Confinement, nous serons juste toi et moi.


À après-demain donc pour vous dire comment c'était.



Confinement jour 7 : réflexion du jour


Merci Confinement de m’avoir permis de vivre mon anniversaire différemment de d’habitude.


Je me suis senti connecté comme rarement alors que tu me gardes enfermé depuis bientôt une semaine. Et pourtant ce soir je suis comblé.


J’ai ressenti énormément d’amour et d’amitié qui m’a été envoyé de partout, sous mon toit et ailleurs. J’ai même eu un apéro Skype déguisé avec des amis, eu mes enfants, qui sont au loin, par internet, et des messages de toutes sortes...


Aucune barrière ne peut arrêter l’amour et l’amitié !


Merci de me le rappeler, Confinement. Bonne nuit et à demain.



Confinement - jour 6 : réflexion du jour


Bonjour Confinement.


Tu ne manques pas d'humour : tu m'as fait un joli clin d'œil hier ! J'ai regardé avec ma fille Inès le film "le magicien d'Oz", que nous n'avions jamais vu.


Cela pourrait être ton film symbole, Confinement, car cela se termine par "there is no place like home" (il n'y a rien de mieux que d'être chez soi).


Tu m'as bien fait rire, Confinement, ce qui fait du bien dans cette période bien triste. Désormais des amis proches sont malades. Je prie pour eux. :_)


À demain Confinement.



Confinement - jour 5 : réflexion du jour


Oh la vache ! Il est descendu à une vitesse folle l'ascenseur de la courbe du deuil dont je vous parlais hier !


La colère a rapidement fait la place à la résignation et à la tristesse. Toutes ces personnes qui souffrent ! Quelle horreur !

Ce matin je me suis réveillé avec plein de questions sur le sens de la vie. Avec le confinement la question nous arrive en pleine face. C'est comme une expérience en laboratoire grandeur réelle : que nous reste-t-il quand on nous a tout enlevé ? Il est peut-être là le sens !


Si à cette question nous répondons : " rien, ou plus grand chose ! " alors c'est que nous avons certainement perdu le sens.


Confinement, tu nous retires notre travail, notre statut professionnel (quel est le sens d'être un architecte reconnu quand on n'a plus de chantier à concevoir), notre titre, notre diplôme, notre envie d'accumuler de biens de consommation, ...

Si une part importante de ma vie repose sur ma belle voiture, une fois coincée dans le garage j'ai une grande part du sens qui s'immobilise. Si je vis principalement à travers mon statut de manager, je suis bien nu une fois confiné chez moi.


Le sens est donc dans ce qui reste quand tout cela s'envole... et il y a plein des richesses dans ce qui reste...


À demain Confinement !



Confinement - jour 4 : réflexion du jour


Ce matin je me suis réveillé avec une émotion inhabituelle pour moi : la colère.


J'ai réalisé que j'étais tout simplement en train de suivre la courbe du deuil, celle que nous suivons quand nous opérons un changement.


Les premiers jours de découverte et d'acclimatation à ce nouvel état de confinement s'apparentaient à une forme de déni. Je ne regardais pas vraiment la vérité en face, je m'en amusais, je tentais de minimiser, je me rassurais. En fait je me protégeais, tout simplement.


Puis la situation qui s'impose à moi dure. Mon esprit commence à regarder la vérité en face : c'est très sérieux, il va y avoir beaucoup de dégâts, ce n'est pas près de s'arrêter, et le pire, je ne peux rien y faire, je suis impuissant.


C'est là que le 2e état de la courbe du deuil se met en action : je me rebelle ! C'est injuste ! Je me bats contre moi-même et, bien entendu, cette colère est vaine puisque je ne peux rien changer à la situation.


Alors tout me révolte : les gens qui n'ont pas bien compris tous les mots dans "restez chez vous", les députés qui votent contre l'état d'urgence médical, les états qui sont prêts à sacrifier des vies pour ne pas trop ralentir la sacro-sainte économie de marché ou encore ces ignobles plates formes commerciales qui font du gras sur la situation.


Je sais que l'étape suivante de la courbe du seuil sera la résignation, la tristesse et l'acceptation totale que je ne peux rien y faire, mais je dois passer par la révolte alors aujourd'hui je râle...


Vivement demain, Confinement !



Confinement - jour 3 : réflexion du jour


Aujourd'hui une 3e leçon dans la lignée des 2 premiers jours.


Après "savoir profiter de l'instant présent" puis "avoir conscience et apprécier ce que l'on a", il reste "chérir ce que l'on a eu".


Chaque jour, depuis lundi, je trie des photos pour (enfin) faire ces foutus albums de famille que j'ai promis depuis des années.

Apparemment je ne suis pas le seul à le faire en ce moment 😉

J'étais tout à cette tâche quand j'ai pris conscience de tous les évènements que nous avions vécus. Nous les connaissons, bien entendu, puisqu'il s'agit de notre vie, mais les revoir, mois après mois, les uns derrière les autres, cela ressemble à un film, celui de notre vie, notre film !


J'ai dit à Sophie : "on a quand même eu une belle vie !". Elle m'a souri en disant que son collègue qu'elle venait d'avoir au téléphone, et qui faisait le même exercice que moi, lui avait dit la même chose.


Merci confinement de nous rappeler que nous devons aussi nous réjouir de tout ce que nous avons traversé et vécu ensemble, dans l'amour. Ce n'est pas de la nostalgie, juste être reconnaissant et rendre grâce pour tout ce que la vie nous a donné.


À demain Confinement pour le jour 4.



Confinement - jour 2 : réflexion du jour


Hier le confinement m'a permis de mettre en évidence quelque chose que nous savons tous, à savoir qu'il faut vivre l'instant présent.


Je suis heureux car le 2e jour m'a également réappris une 2e évidence de la vie.


Entre 2 taches professionnelles, je me suis dit qu'il serait bon de tondre l'herbe du jardin, chose que je prends rarement le temps de faire car je n'aime pas particulièrement cela.


Notre jardin est entouré d'immeuble. J'ai commencé par ressentir de la culpabilité car j'avais l'impression d'être le seul à faire du bruit dans la ville, tant le silence est lourd en ce moment. Je me suis dit que les gens allaient me regarder à leur fenêtre à cause de cela. Peut-être parce qu'ils étaient agacés par le bruit, ou peut-être parce qu'ils étaient jaloux de mon jardin, eux qui n'avaient nulle part où sortir.


C'est là que j'ai réalisé la chance que j'avais de pouvoir tondre de l'herbe. Ce que je prends pour une corvée, beaucoup aimeraient pouvoir le faire et profiter d'un jardin.


Est-ce que j'ai conscience de ce que je possède et de la chance que j'ai de le posséder ? Certainement pas suffisamment.


Merci 2e jour. J'ai hâte de voir ce que le 3e jour va me réapprendre.


A demain Confinement.



Confinement - jour 1 : réflexion du jour


Drôle de sensation, inconnue jusqu’alors, comme si le temps s’était suspendu. Quelque chose d’irréel.


Tout à coup des choses simples de la vie qui auraient paru étranges lors d’une journée de travail habituelle, semblent tout à coup « autorisées » :trier des photos de famille, déjeuner avec les enfants, prendre le café sur la terrasse en ne faisant rien d’autre que de ressentir la caresse du soleil sur la joue, lire un article de magazine, envoyer un message à une personne chère sans autre objectif que de dire bonjour...


Voilà des bonnes habitudes qu’il sera bon de garder quand les choses seront revenues à la normale... mais après tout n’est-ce pas notre façon de vivre "confinée" qui ressemble le plus à ce qui devrait être normal ?


A demain Confinement pour le jour 2.


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